Celui qui allait devenir le général Dumas est né le 25 mars 1762 à St Domingue (aujourd'hui Haïti). Son père, Alexandre Antoine Davy de la Pailleterie, était un noble de Normandie et sa mère, Marie-Césette Dumas, une esclave d'origine africaine. Les dispositions juridiques du Code Noir faisaient que le statut d'un enfant était hérité de celui de sa mère. Ce qui fait que, bien que de père noble, le futur général Dumas a hérité de la condition d'esclave de sa mère.

A l'âge de 12 ans, son père le vend en réméré en tant qu'esclave puis rentre en France. La vente en réméré est un dispositif de vente qui prévoit une clause de rachat, ainsi le vendeur peut racheter le bien vendu à tout moment s'il le désire. C'est ce que son père a fait un à deux ans plus tard : il a racheté son fils, est rentré en France avec lui de manière définitive, l'a affranchi et lui a donné l'éducation d'un jeune noble.

Le général Dumas

Après le remariage de son père, le jeune Thomas-Alexandre se fâche avec lui et décide de se faire lui-même un nom afin de le défier. Il s'engage dans l'armée dans le régiment des Dragons de la Reine ; il a alors 24 ans. De peur que son nom soit déshonoré, son père lui ordonne de ne pas s'engager sous le nom de Davy de la Pailleterie. C'est donc sous le patronyme de sa mère, Dumas, qu'il devient militaire.

Pendant la Révolution, il va faire la campagne de Belgique, la guerre de Vendée, la guerre des Alpes, la campagne d'Italie et la campagne d'Egypte. Il va rapidement monter en grade et devenir général de division en 1793, à l'âge de 31 ans. C'est pendant la campagne d'Italie que les Autrichiens vont le surnommer “ le diable Noir ”.

Pendant la campagne d'Egypte, il va se brouiller avec Bonaparte. En 1802, au temps du consulat, Napoléon va lui demander d'aller mater la révolte des esclaves menée par Toussaint Louverture à St Domingue. Bien entendu, le général Dumas refuse et tombe alors définitivement en disgrâce, Napoléon lui coupant les vivres (mise à la retraite d'office sans pension militaire).

Epuisé par ses campagnes militaires, et abattu par la disgrâce dont il a été injustement victime, il s'éteint en 1806, son fils Alexandre Dumas a alors 3 ans et 7 mois. Voici ce qu'à déclaré sa veuve Marie-Louise à propos de la fin de son mari : “ Le brave général Dumas, que le sort des combats avait respecté, périt dans la misère et le chagrin, sans aucune décoration [ni] récompense militaire, victime de la haine implacable de Bonaparte et de sa propre sensibilité. ”.

Alexandre Dumas, devenu par la suite l'écrivain que l'on connait, a grandi avec les récits héroïques que l'on faisait de son père. On racontait qu'il avait une force herculéenne et qu'il était capable par exemple de s'accrocher à une poutre pour soulever son cheval entre ses jambes (cette anecdote est racontée par Alexandre Dumas dans ses Mémoires dont les 19 premiers chapitres sont consacrés au général). Alexandre Dumas a toujours eu une grande admiration pour son père, et il s'est inspiré des récits le concernant lorsqu'il a écrit Les Trois Mousquetaires.

Le mot de la fin sera d'Anatole France, qui parlait du général Dumas en ces termes : “ Le plus grand des Dumas, c'est le fils de la négresse, c'est le général Alexandre Dumas de La Pailleterie, le vainqueur du Saint-Bernard et du Mont-Cenis, le héros de Brixen. Il offrit soixante fois sa vie à la France, fut admiré de Bonaparte et mourut pauvre. Une pareille existence est un chef-d'oeuvre auquel il n'y a rien à comparer. ”.

Sources : Thomas-Alexandre Dumas (Wikipédia), Alexandre Dumas (haïticulture.ch).

Image : Général Alexandre Dumas peint par Olivier Pichat, photographié par Bruno Arrigoni, image dans le domaine public.